Benoit notre président nous raconte son marathon de Rome

Veni Vidi Vici

 Après un an d’abstinence forcée, j’ai renoué avec mes habitudes et mon traditionnel week-end culture, sport et gastronomie annuel avec un ami : Rome et son marathon.

 Habituellement, cette épreuve se dispute autour de la semaine Sainte qui n’est pas le moment le plus propice pour visiter la ville éternelle sauf si on est féru de soutanes (ce qui, n’étant plus un enfant de cœur, n’est pas mon cas) ou de colonies de grenouilles de bénitier. Mais, crise sanitaire oblige, et à l’instar de beaucoup d’autres événements, le marathon 2020 a été décalé à la fin de l’été 2021 nous donnant ainsi l’occasion d’y concourir.

Comme d’habitude, nous avons bien mangé (avaler des pâtes à Rome, les jours précédents un marathon, on peut dire que c’est idéal) et visité beaucoup (Colisée, Forum, Panthéon, Fontaine de Trévi, …) en essayant d’économiser un peu nos jambes et en profitant du soleil.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le marathon lui-même n’est pas très difficile : seulement 80 mètres de dénivelé positif alors que la présence des 7 collines de Romulus et Remus pouvaient laisser craindre autre chose. Mais le tracé, qui épouse peu ou prou le tracé du Tibre, en limite le relief. En revanche, de nombreux pavés sont au menu notamment en passant devant Saint-Pierre (la demeure du Pape, pas le cerbère du paradis) ou sur les 6 derniers kilomètres dans le centre historique ce qui, associé au soleil de plomb et à la fatigue, rend la fin de parcours plutôt épique. On ressent aussi un sentiment d’impuissance désagréable et un petit coup au moral quand les coureurs du relais, pourtant partis 30 minutes après nous, nous doublent à une vitesse sidérante. Le 2nd relayeur des leaders de cette épreuve m’a laissé sur place aux environs du 16ème km.

 

Globalement, j’ai fini dans un état raisonnable (hormis une poignée d’amour à vif à cause du frottement de ma ceinture d’eau) ce qui n’a sans doute pas été le cas de l’un des spectateurs inconscients qui a essayé d’emprunter un passage piéton qui traversait le parcours à 500 mètres de l’arrivée au moment précis où je lançais mon sprint final. Cherchant à me protéger de l’intrus, ma dextre est entrée en contact avec son visage l’amenant sans doute à regretter sa tentative incongrue.

 

Hormis ce bref chant du cygne, je n’ai jamais vraiment pu accélérer comme par le passé mais la moyenne est restée honorable. Au final, 3h46 et quelques secondes et une place dans le premier quart des arrivants : assez loin de mon meilleur temps mais néanmoins respectable compte tenu de la météo. Et pas de couronne de laurier impériale mais une jolie médaille dorée sur laquelle sont représentés les pavés sus-mentionnés, une couverture de survie (au cas où on aurait eu froid sans doute) et un masque chirurgical bien inutile compte tenu de la faible densité des présents encore debout.

 

La suite aura été assez classique : pizzas, glaces artisanales et bières après l’épreuve, le lendemain, décrassage à vélo sur la Via Appia Antica (elle aussi pavée pour le passage des légions romaines il y a quelques siècles) et forte envie de disposer d’un déambulateur pendant les jours suivants en se demandant pourquoi, mais bon sang pourquoi, on prend plaisir à se faire mal à ce point.

 

Enfin, après un passage par la boutique de l’AS Roma pour habiller ma progéniture et par un distributeur local de café pour alimenter mon addiction à la caféine, retour à Paris avec Air France (et sa nouvelle spécialité spéciale covid, la tranche de gouda translucide au sein de deux moitiés de tranches d’un pain de mie assez douteux), arrivée tardive à Roissy pour faire face à un employé des douanes unique qui visait, un à un, les pass sanitaires de centaines de voyageurs entraînant une sortie encore plus tardive de l’aéroport pour finir par se résoudre à dédaigner le RER et attraper un taxi pour achever le périple … et reprendre le chemin du bureau.

 Benoit

 
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